Billet Iphae

Éloge de la perspicacité au travail …

Un homme se promène avec sa femme dans la rue, et lui montre un gamin qui fait la manche. Ce gamin, il le connaît :

C’est le plus grand idiot que je connaisse et je vais te le prouver, dit-il à la femme

Il va vers le gamin, lui montre un euro dans une main et quelques petites pièces dans l’autre. Il lui dit :

Choisis entre les deux.

Au grand étonnement de la femme, le gamin prend les petites pièces et file.

Qu’est-ce que je t’avais dit ! claironne son mari.

Le lendemain, la femme va à la rencontre du gamin dans la rue et lui demande :

Mais pourquoi donc n’as-tu pas pris la plus grosse pièce ?

– Parce que le jour ou je prendrai l’euro, le jeu s’arrêtera.

Ces trois personnages sont emblématiques : le mari, avec ses habitudes et ses automatismes, son pragmatisme mais aussi ses aveuglements; le gamin, avec son ingéniosité, une perspicacité qui lui donne une vision juste. Et la femme qui s’étonne, interroge, et finalement trouve. Au-delà des clichés de l’homme balourd, de l’enfant génial et de la femme à l’écoute, ces personnages me paraissent bien représenter des modèles efficaces dans le monde professionnel.

L’action, la pensée agile et le questionnement :

– la force de l’expérience,

– la nécessité d’une lecture créative qui augmente le sens des événéments,

– une curiosité toujours en éveil, avec l’impérieux désir de trouver une réponse.

 Au-delà du résultat, on cherche généralement à donner à son action un sens plus ample. C’est ce que fait le gamin : par sa lecture personnelle de la situation, il atteint un sens à la fois inattendu et pérenne, non perçu par le mari, et qui ressemble à une énigme pour la femme.

Car le premier pas est de chercher derrière ce que l’on voit, le sens. Il arrive que, par manque de temps ou de désir, on s’arrête au constat, comme le mari. On est alors tenté de conclure -trop vite- que seul le premier résultat compte, attitude qui risque fort de conduire à l’arrogance.

Il me semble que le vrai héros de notre histoire n’est pas tant le gamin que la femme. Elle s’étonne, s’interroge, questionne, et finalement obtient ce qu’elle recherche. La condition du progrès est toujours le secret espoir de trouver une réponse, ou tout au moins une clé de comphéhension à son étonnement. Sans cet aiguillon du désir, pas de motivation forte ni d’engagement. Encore faut-il ne pas être usé, mais toujours capable de jeter sur son activité un regard neuf, comme le « Il était une fois » qui commence un récit. Dans notre histoire, l’homme s’est habitué au jeu qu’il a établi avec le gamin, pas la femme. C’est ce qui fait la différence. Aiguiser son regard comme si on entrait dans son quotidien professionnel pour la première fois. Oser poser la question « Pourquoi ?« . Il me semble que c’est cette attitude qui permet de lutter contre l’inertie du quotidien, et de se renouveler pour trouver à travers son travail une voie personnelle d’accomplissement.

L’action sans interrogation ennuie. L’interrogation sans découverte épuise. La découverte sans action est frustrante. Le cercle vertueux de ces trois attitudes ne serait-il pas une clé de progression professionnelle ?

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“L’intelligence doit vivifier l’action ; sans elle, l’action est vaine. Mais sans l’action, comme l’intelligence est stérile !” Roger Martin du Gard

“Plus une découverte est originale, plus elle semble évidente par la suite.” Arthur Koestler

“La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d’interrogation ; nous devons la plupart des grandes découvertes au comment ? Et la sagesse dans la vie consiste peut-être à se demander, à tout propos, pourquoi ?” Honoré de Balzac

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