Billet Iphae

Votre sentiment pour 2017 : peur ou confiance ?

« 2017 : à partir de quand faudra-t-il commencer à avoir peur ? » Philippe Mabille vient de rappeler dans La Tribune les prophéties pessimistes du très sérieux magazine américain Bloomberg pour 2016 : Brexit et victoire de Donald Trump. Rien à dire : les prévisions se sont réalisées. Et… pour 2017 ? Bloomberg prédit en France la victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, un référendum favorable à la sortie de l’Union européenne (« Frexit ») et la fin de l’Europe actuelle. En Allemagne, défaite d’Angela Merkel aux élections générales. En Italie victoire de Beppe Grillo (leader du Mouvement 5 Étoiles) et retour de la lire. Au Royaume-Uni, éviction de Theresa May par un candidat de la ligne dure du Brexit. La Grèce chute à nouveau, mais cette fois l’Europe cesse de la renflouer… Avec des situations qui s’annoncent insolubles ou incompréhensibles, 2017, année de tous les dangers ? Sur cet océan de tendances négatives où l’on navigue à vue, notre journaliste pointe semble-t-il une bouée de sauvetage:  » Dans un monde imprévisible, il est heureux, et essentiel, que les banques centrales demeurent un acteur prévisible. Car si elles perdent le contrôle de la normalisation en cours, alors là, oui, il faudra commencer à avoir peur.« 

N’étant pas compétent en finances internationales, je voudrais néanmoins lutter contre cet épouvantail de prophéties en plagiant cette dernière phrase pour lui donner un sens qui me parait plus pertinent au quotidien pour tous ceux qui refusent d’écouter les Cassandre : « Dans un monde imprévisible, il est heureux, et essentiel, que chacun croie en ce qu’il fait, car personne ne peut lui faire perdre totalement le contrôle de sa vie. »

Un biais de la rationalité apparait clairement dans l’analyse objective des événements probables à venir : l’homme rationnel, détectant les tendances futures, et tout particulièrement les obstacles qui ne manqueront pas de se produire, se donne pour tâche de les prévenir et de les éviter. Ce faisant, il focalise toute son attention sur ces maux détestables, au lieu de regarder ce qui est vraiment désirable. Les banques centrales, nouvelle ligne Maginot de notre avenir ?

Plus sérieusement, n’oublions pas que les prophéties auto réalisatrices ont pour caractéristique de se produire, non parce qu’elles sont vraies, mais parce qu’on y croit. Saturés de mauvaises nouvelles, nos peurs deviennent raisonnables, on s’y habitue. Nos esprits anxieux ont du mal à retrouver la liberté et le courage de croire en ce qu’on fait. C’est pourtant ça la conviction. Un mélange de courage et de foi. Elle habite les parents qui croient en leurs enfants, les professeurs qui croient en leurs élèves. La conviction est l’énergie des entrepreneurs et des professionnels qui croient en leur valeur ajoutée. Elle anime les politiques qui croient en l’avenir de leur pays.

2017 ressemblera à nos convictions ou à nos résignations. Il est grand temps de combattre nos peurs et de rallumer les étoiles.

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